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 Djarn, le Brise-Gueule

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Djarn
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MessageSujet: Djarn, le Brise-Gueule   Mer 14 Oct - 17:43

Chapitre 1 : La naissance d'un chef


Un fracas de métal. Une odeur de rouille. Une chaleur presque palpable.
Ici dans les bas-fonds de la Citadelle Noire, le temps n'est pas au repos ni même à la flânerie.
Les charrs présents sont tous affairés à quelque chose et courent sans relâche.
La ville est en ébullition, le combat va commencer.

La troupe des Brise-Gueule, l'une des plus sauvage de la Sanglante, est sur le point de franchir les portes. Dans un bruit lourd d'acier, la marche des soldats sonne comme un torrent déchaîné.
Tarlok, centurion des troupes en marche, observe avec fierté ce qui lui a permis de gravir les échelons ici.
Les Brise-Gueule, fleuron de l'armée charr, en mouvement, et tous prêts à croiser le fer. Chaque narine se retrousse, chaque croc claque comme une seule et même créature bestiale et sauvage, prenant le pas vers les terres stigmatisées.

Tarlok vient à peine de voir sa nouvelle progéniture au fahrar familial qu'il doit déjà partir au combat. Avant de partir, il a pu jeter un œil sur les charrtons qui déjà ouvraient les yeux et il a sourit. La progéniture d'un centurion aussi fort que lui ne pourra donner que de bons soldats.
Et il n'avait pas tort.

Un œil s'ouvre, puis un autre, et une sensation de faim envahit la petite portée de Tarlok. Les charrtons, petits êtres de fourrure, de griffes et de crocs, s'affairent déjà à suivre leur génitrice, quelques heures après la naissance. Au premier repas, l'un des charrtons se fait déjà remarquer. Il marchait sur les autres, les griffait et essayait de les mordre de ses dents de lait. Celui-ci deviendra un chef, c'est sûr.
Une patte griffue l'attrape au col et le bougre serre sa nuque assez fort pour lui arracher son premier grognement.

Citation :
« T'es un dur à cuire, toi. Avec les soldats. »

Le jetant dans le tas des nouveaux soldats, il ne se retourne pas. Ce n'est pas son travail, il y a de nouvelles recrues à choisir.

Citation :
« Hé toi, la génitrice ! Quel nom on doit lui donner à celui-ci ? »

Citation :
« Il finira dans la troupe de son père ! Il se nommera Brise-Gueule comme les autres ! Et pour son prénom, on n'a qu'à lui donner Djarn. »

Citation :
« C'est noté. Djarn le Brise-Gueule »



Regardant le charrton lui montrer les crocs, prêt à en découdre, le gardien lui assène un coup de pied pour le pousser dans les cages.

Citation :
« Allez, du balai, avorton ! Et au boulot ! »


Il reprend la marche dans les fahrars, en quête de nouveaux soldats, avançant parmi les progénitures, pendant que Djarn découvre sa nouvelle famille, sa troupe.
Dès lors, il n'aura plus de relation avec ses géniteurs ni avec ses frères et sœurs. Sa famille se limitera à ses compagnons d'arme, sa troupe, et il portera fièrement le blason des Brise-Gueule au combat. A partir de maintenant, sa seule raison de vivre sera la guerre et rien d'autre.
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Djarn
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MessageSujet: Re: Djarn, le Brise-Gueule   Mer 14 Oct - 18:17

Chapitre 2 : L'entraînement commence


Djarn regarde autour de lui, contemplant l'acier et la rouille environnante. Partout au tour de lui, les cris résonnent, les barils de pétrole fument et les coups de marteaux claquent sur le fer. Il semble se trouver dans une espèce d'industrie, à en croire l'accoutrement de certains.
Sa génitrice n'est plus présente, et un seul de ses frères est avec lui. Où sont donc passés les autres ?

Pas le temps de se poser de questions : un instructeur vient déjà tous les chercher. Un charr immense, doté d'une paire de cornes cassées, de crocs remplacés par des morceaux d'acier, sans doute pour mordre plus fort, et d'un bandeau à l'oeil gauche.
Cent charrtons, déjà prêts à l'entraînement. Les plus massifs, les plus agressifs et les plus sadiques. Tous destinés à devenir des machines de guerre, des cauchemars du champ de bataille. Ils ont été sélectionnés pour combattre, et juste pour ça.

Sous les hurlements incompréhensibles, on les somme de se regrouper près de la porte de sortie.
Les règles sont données et appliquées dès l'enfance, de façon à les formater, et pour qu'ils deviennent les meilleurs soldats possibles.
Tous agglutinés contre le mur, tremblants de peur face à l'instructeur, seule une poignée d'entre eux lui fait face, avec une férocité sans nom.
L'instructeur sourit. Il n'a jamais faibli devant des charrtons et c'est encore moins aujourd'hui, après des années d'entraînement, qu'il va le faire.
Saisissant son fouet fermement, il le fait claquer à quelques millimètres de leur gueule, les sommant de se calmer. L'effet est presque immédiat, et au deuxième claquement, il a devant lui une nouvelle troupe, formée de jeunes charrs dociles et qui lui obéiront.

Une grande porte s'ouvre derrière eux, et une obscure arène s'offre à eux. Au milieu de cette arène, une assiette de nourriture, protégée par une grille.
Sur cette grille, un cadenas fermé, dont la clé pendouille à quelques mètres au dessus du sol.

Citation :
« Vous voulez manger ? Alors que le meilleur gagne ! »

Ils sont poussés dans l'arène et livrés à eux-mêmes.
Quelques secondes de réflexion suffisent et les charrtons se jettent sur l'assiette, essayant de l'attraper au travers des barreaux mais leurs pattes sont trop courtes.
Il faut donc attraper la clé.
Clé qui est déjà assaillie, par des petits guerriers affamés, prêt à en découdre pour manger ne serait-ce qu'une bouchée de pâtée.

Djarn observe rapidement l'assemblée et devant une telle masse de charrtons, il n'y a qu'une seule solution pour arriver à manger, devenir le meilleur, être le seul contre qui personne ne peut gagner.
Ses sourcils se froncent, il baisse la tête et serre les crocs, et dans un grognement bestial, celui se jette dans la masse de fourrure, toutes griffes dehors.
Il laisse alors libre cours à ses instincts primaires, griffant, mordant, assaillant les autres, les saisissant à la queue pour les jeter loin.
L'instructeur observe en souriant, mais une parcelle d'inconfort vient lui faire trembler l'échine un moment. Ce petit charrton… Cela fait bien des années qu'il n'a pu voir autant de férocité dans un si petit corps. Il faudra le garder à l'oeil parce qu'il se pourrait bien qu'il devienne incontrôlable. Dans tous les cas, vu sa force et son agressivité, il se pourrait qu'il soit le seul à pouvoir manger ce soir.

Et il a vu juste. Djarn se tient au dessus de l'assiette, poils dressés, queue relevée et babines retroussées. Il se goinfre alors, grognant entre deux bouchées, défendant férocement sa récompense. Et au bout de quelques instants, les autres charrtons se reculent, le laissant manger tranquillement. Un chef était né, un futur guerrier redoutable, un sans-coeur rugissant, un déchiqueteur.

L'entraînement ne sera sûrement qu'une formalité, mais sans discipline, le chaos s'installe... Et vue sa carrure impressionnante et son agressivité, il ne faudrait pas que ça devienne le cas.
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Djarn
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MessageSujet: Re: Djarn, le Brise-Gueule   Lun 26 Oct - 11:58

Chapitre 3 : La caste au dessus




Les charrtons sont vite devenu de beaux petits bestiaux. Des jeunes charrs insouciants, prêts à tout pour obtenir les faveurs de l'instructeur, même se poignarder discrètement.
Il est désormais clair que différentes castes se sont formées. Certains préféreront se concerter dans le silence pour élaborer un plan, d'autres vont user de leur ingéniosité pour faire faire le boulot à quelqu'un d'autre.
Il y a les intelligents, ceux qui pensent à tout, les manipulateurs, les menteurs, et les fripouilles. Il y a les couards, les courageux, les costauds.
Il y a ceux-là, et il y a les autres.

Ils sont moins d'une dizaine : les plus sauvages. Ceux qui se sont hissés au sommet. Ceux qui mangent les premiers, ceux qui sont choyés par les instructeurs. Djarn en fait partie.
Ils sont les plus grands et les plus forts, et arborent déjà certains vestiges de leurs premiers combats : dents cassées, cicatrices, griffes abîmées...
Lorsqu'ils se baladent dans le labyrinthe qui leur sert de caserne, les autres se poussent, évitent leur regard, murmurent entre eux.
Ils sont déjà devenus les rois de leur petite patrie et leur futur est déjà tracé.

Grarg est en train de manger. Celui-ci, c'est le plus faible de la bande. Tout le monde se demande comment il a fait pour survivre jusqu'à maintenant. Son auge est remplie de la bouffe infâme qu'on leur sert tous les jours mais au moins, il sera nourri. Au moment où celui-ci approche sa gueule de sa prochaine digestion, une patte griffue se pose sur la table.

Citation :
« Tu vas pas la manger, hein, Grarg ? T'as pas faim, hein ? »

Djarn le regarde, un sourire carnassier aux lèvres.


Citation :
« Qu'est-ce que t'attends pour virer ta sale gueule de ma bouffe ? »

Ses griffes se plantent dans la table, faisant virevolter quelques échardes au passage. Grarg le regarde, désemparé. Il sait qu'il ne mangera pas aujourd'hui.

Citation :
« Allez Djarn, sois sympa, pour une fois, laisse moi manger... Ça fait trois jours déjà que j'ai qu'un repas dans la journée à cause de toi... »


Citation :
« Ferme ta sale gueule. Tu sais que t'as pas ta place ici. Tu mérites pas d'être dans notre troupe. »

Djarn se saisit de l'assiette et en vide le contenu en moins de temps qu'il n'en faut pour que Grag ne se mette à chouiner.
Les autres charrs présents présentent une réaction différente, selon la « caste ». Certains rient de bon cœur, appuyant les propos de Djarn. D'autres parlent entre eux, d'une vengeance, d'un jugement, personne ne le saura.

Reposant l'auge vide devant le regard dépité de Grarg, Djarn avance sa gueule vers celle de ce dernier.
Ses cornes ont bien poussé et elle commencent à pointer vers le sol, et ses dents sortent déjà de sa mâchoire, aiguisées avec soin.


Citation :
« T'as intérêt à tenir le coup jusqu'à la sélection. Personne te fera de cadeaux ici. Et encore moins moi. »


Rejoignant ses confrères de la « caste d'au dessus », comme ils l'aiment la définir, Djarn part se préparer à l'entraînement de cet après-midi.
Les jours passeront et les entraînements se suivront. Et les faibles comme Grarg continueront de se faire martyriser tant qu'ils ne se rebifferont pas, ou n'abandonneront pas la troupe pour aller faire quelque chose de plus adapté.

La sélection aura lieu dans plusieurs cycles. Plusieurs cycles d'entraînement acharné, durant lesquels les charrs blessés et renvoyés de la troupe se succéderont, laissant place aux plus forts. Ceux dont Djarn ne sera toujours que le numéro un.
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Djarn
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MessageSujet: Re: Djarn, le Brise-Gueule   Lun 26 Oct - 13:15

Chapitre 4 : la montée au sommet





Il a déjà une vingtaine de cycle et n'a pas fini de faire parler de lui.
La troupe des Brisegueule est devenue en peu de temps la plus sanguinaire qui existe actuellement.
La Sanglante est fière de compter de tels monstres dans ses rangs.

Ils font tous désormais partie de l'élite de l'armée charr, sous les ordres de leur Centurion, le grand Trekus.
Il contemple son armée, les Brisegueule, les Cendrépine, les Nuicendrée, et les Lancefoudre.
Marchant les pattes croisées dans le dos, du haut de la tour des officiers, il observe un peu.

Citation :
« Peu d'ordre dans les rangs des Brisegueule. Qu'on me présente le Légionnaire en charge. »

Une dizaine de minutes s'écoule et le légionnaire, Grekt, est devant lui, droit, fier et effectuant son salut.

Citation :
« Légionnaire Grekt. Ta troupe est fière et droite. Mais elle est désordonnée, et bruyante. Quelle est la cause d'une telle subordination ? »

Citation :
« Veuillez me pardonner, Centurion, mais je dois avouer qu'ils me donnent du fil à retordre. Ils sont tous très forts et brutes, mais je ne parviens pas à garder un quelconque calme avec ceux-là... J-je... J'aimerais qu'on m'assigne à une autre unité, Centurion... »

Trekus, le regard froid, sourit un moment, puis laisse transparaître ses crocs, renforcés au métal, et passe sa langue sur ses babines.
Il est grand et puissant, le poil grisonnant, montrant le nombre d'années qu'il a vécues à la bataille. Ses 4 oreilles sont toutes percées de parures de guerre, ses cornes affûtées et renforcées par des plaques de métal. Sa lourde armure est parsemée de chocs en tout genre et de griffures. Malgré son haut rang, celui-ci n'aura jamais changé d'armure, préférant garder celle qu'il a toujours portée.

Citation :
« Vous savez, Légionnaire, une telle décision n'est pas à prendre à la légère. Et je n'apprécie guère que vous fassiez une demande avec autant d'insolence. Si vous n'avez pas les épaules pour commander une simple troupe, qu'en sera-t-il lorsque vous voudrez devenir Centurion ? »

Son regard se fait froid et dur, un glacier contre lequel s'écrasent les vagues sans le faire sourciller.
Le Légionnaire racle sa gorge puis déglutit. Il n'a pas la réponse adéquate et se retrouve bien désemparé face au centurion.

Citation :
« J-je ne sais pas, Centurion. »

Il baisse la tête, honteux.

Citation :
« Bien, bien, bien... Je vous laisse une chance de vous en sortir, légionnaire. Descendez retrouver votre troupe, et apprenez-leur le respect. Si vous réussissez, vous gardez votre place et je vous mets sur la liste des sélections pour les prochains Centurions. Si vous échouez, vous serez rétrogradé, et on sélectionnera un nouveau Légionnaire parmi vos soldats. Rompez »


Grekt reste quelques secondes comme figé dans le temps. Devoir affronter cette troupe revient à combattre un minotaure à mains nues et seulement vêtu d'un pagne.

Il descend alors, rejoignant les siens, à terre. Ouvrant la large porte qui mène aux casernes, il fait face aux Brisegueule, qui comme d'habitude, le regardent avec dédain.
Discutant entre eux, le brouhaha naissant laisse place à un capharnaüm mélangeant voix de charrs et  bruits de métal travaillé par les ingénieurs non loin.

Citation :
« S-silence... »

Mais sa voix n'est pas entendue.

Citation :
« S-SILENCE ! »

Les oreilles de quelques soldats frémissent mais ils n'y prêtent toujours pas attention.
Grekt prend alors son courage à deux mains et se met à hurler d'une voix claire.

Citation :
« Fermez vos gueules, soldats ! »

Les voix se taisent et les regards se tournent vers lui. C'est à ce moment où l'on sait si un Légionnaire sait se faire respecter.
Quelques secondes passent sans un mot, alors que tous les soldats ont les yeux rivés sur lui, l'air étonné.
Se sentant alors empli de confiance, Grekt peut enfin demander de l'ordre dans les rangs.

Citation :
« Ah, enfin ! Vous cassez les oreilles de tout le monde ici, et même le Centurion vous entend de là-haut. Baissez d'un ton et un peu de discipline ici ! »

Citation :
« Qu'est-ce qu'il bave, l'avorton ? »

Un bruit de plaques se fait entendre dans les derniers rangs, et les charrs se déplacent un à un pour permettre à Djarn de se rapprocher du Légionnaire, qui sent déjà son heure arriver.
Le silence se fait pesant alors que l'on n'entend que les pas lourds et patibulaires de cet énorme charr qui s'approche dangereusement de sa proie. Car oui, le Légionnaire venant de signer son arrêt de mort.
Pas un soldat ne se met en travers de son chemin, personne ne donnera de crédits à ce poltron qui leur sert de chef.

Citation :
« Répète un peu, pour voir ? J'ai l'impression que j'ai pas tout à fait saisi ce que tu viens de nous dire, là... »

Ses crocs se font visibles, et sa respiration lourde et menaçante est désormais perceptible.

Citation :
« J-J'ai dit... S-silence... L-le Centurion... »

Citation :
« Le Centurion... Quoi ? J'entends pas... »

Le regard du Légionnaire se fait fixe. Il a les yeux plongés dans ceux de Djarn et y contemple la haine et la terreur. Un feu brûle au fond de son âme et il ne s'agit pas d'une simple flammèche. Il ne cligne pas des paupières et bientôt, il ne sent plus ses jambes, ni ses membres supérieurs.

Ne lâchant pas Djarn du regard, Grekt commence à flancher et tombe légèrement en arrière, puis s'écrase au sol, dans un bruit d'armure de mauvaise facture, pendant qu'une gerbe de sang s'échappe de son flanc. La patte rouge vif, et les griffes encore souillées de la chair du cadavre qui sera mis à la fosse, Djarn se retourne vers les soldat de la troupe, et dans un grognement rauque et puissant, leur hurle leur premier ordre.

Citation :
« Vous avez entendu ce qu'a dit le Centurion ? Fermez vos gueules et que j'en entende pas un qui moufte, sinon le traitement sera le même ! »

La sélection avait été faite et un nouveau Légionnaire menait déjà les Brisegueule.
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Djarn
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MessageSujet: Re: Djarn, le Brise-Gueule   Mar 27 Oct - 1:48

Chapitre 5 : gravir les échelons


La compagnie des monstres. C'est comme cela que l'on nomme le regroupement de troupes dont les Brisegueule font partie.
Lancefoudre, Nuitcendrée, Cendrépine et Brisegueule. Cette compagnie s'est imposée au combat pendant de nombreuses années, et chaque sélection ne fait que renouveler le lot de fous de guerre qui la composent.

Aujourd'hui se tient une réunion stratégique entre Légionnaires pour décider du sort de l'avant-poste qui maintient la frontière entre Ascalon et la Faille. Les enfants de Kralkatorrik recouvrent de plus en plus le territoire, et il faut commencer à libérer du terrain pour éviter trop de pertes.

Djarn se tient assis sur son siège d'acier, les écoutant parler de stratégies diverses qui consisteraient à contourner par les flancs pendant qu'une autre troupe attaquerait en formation défensive.
Une formation défensive... Son rire moqueur est tel qu'il se fait entendre dans la pièce et les trois légionnaires devant lui se taisent et le toisent. Cendrépine prend alors la parole.

Citation :
« Quelque chose à dire, Brisegueule ? »

Citation :
« Vous êtes faibles et peu entraînés... Vos attaques seront inutiles. La seule chose qui sera efficace sera de me laisser m'occuper de l'attaque pendant que vous servirez au confinement des stigmatisés présents. »

Citation :
« Tu es trop présomptueux. Ta troupe n'est pas plus entraînée que la nôtre. Nous sommes tous les élites ici. Tu as le même titre que nous. »

Citation :
« Détrompe-toi, mollusque. Moi j'ai l'étoffe d'un chef. J'ai l'étoffe d'un Primus. »

Il ne plie pas devant leur regard atterré. Sa fierté est grande mais son ego l'est encore plus.
Djarn fait partie de ceux qui ne désirent qu'une chose, la gloire et la victoire, peu en importe le prix.
Il se lève, insolent et pose une griffe sur la carte.

Citation :
« L'avant-poste est encore assez solide pour supporter des attaques, et il défend bien la zone. Ce qu'il faut c'est frapper un grand coup pour désolidariser les monstres présents et les anéantir, puis construire une annexe qui constituera une seconde ligne d'entrée. La légion de Fer nous enverra les ingénieurs nécessaires pour assurer la construction. »

Citation :
« Votre insolence me dépasse, mais vous m'étonnerez toujours, Légionnaire. »

Les quatre charrs se redressent, et leur regard se porte sur l'officier qui entre dans la pièce. Ils le reconnaissent et se mettent au garde-à-vous en une seule entité.

Citation :
« Primus Centurion Trekus. »

Citation :
« Repos, soldats. La tactique est bonne et a le mérite d'être punitive. Mais qu'en est-il des pertes ? »

Citation :
« Un soldat naît et meurt pour la Citadelle, Centurion. Mes soldats sont tous prêts à mourir pour le bien de tous. »

Citation :
« Mais si on peut éviter les pertes, c'est pas plus mal. »

Djarn regarde le Légionnaire Cendrépine, l'air dédaigneux. Il n'a jamais pu le sentir. Le simple fait qu'il daigne lui parler lui demande un effort considérable.

Citation :
« Les soldats sont remplaçables. Au même titre que les Légionnaires. C'est pour ça que je n'ai aucune intention de le rester très longtemps. Quand toi et tes hommes serez vivants et pleurerez dans les jupes de vos génitrices, je mènerai mes soldats d'une poigne de fer et nous repousserons les stigmatisés avec ou sans vous. »

Citation :
« Du calme, Brisegueule. Les soldats sont comme vous des éléments essentiels à notre victoire. Ils ne sont pas des pions qu'on sacrifie juste pour remporter une bataille. Ils sont comme vous ce qu'il y a de plus précieux pour remporter une guerre. Les Brisegueule attaqueront de front pendant que les Nuitcendrée utiliseront les engins pour repousser les stigmatisés au centre de la zone. Là, les Cendrépine et les Lancefoudre contourneront pour les maintenir à la merci des Brisegueule. Préparez vos troupes. Et que la victoire soit vôtre. Le Centurion Arcturus Ecrasemort supervisera l'opération sur le terrain. Rompez. »

Les quatre légionnaires se rendent à leur troupe respective et se préparent au combat. Djarn fait un rapide tour d'horizon avec ses soldats et ils se mettent en route avant tout le monde, ne désirant pas se mêler à ceux qui sont plus faibles.


Dernière édition par Djarn le Mar 27 Oct - 12:57, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Djarn, le Brise-Gueule   Mar 27 Oct - 1:51


Ecrasemort est déjà sur place et accueille la troupe qui arrive.

Citation :
« Où sont les autres troupes ? »

Citation :
« Elles arrivent. Ne perdons pas de temps. »

Djarn préfère encore attaquer maintenant, que de laisser d'autres charrs faibles et pleurnichards se joindre à la bataille. De toute façon, le temps que les engins arrivent, il aura déjà nettoyé la zone.
La troupe se met en marche dans la Faille, rasant tout sur son passage, telle un mastodonte de crocs et de griffes, écrasant toute résistance.
Les soldats attaquent sans merci et les stigmatisés gisent sur le sol, leurs cadavres jonchant le sol comme autant de mauvaises herbes.

Ecrasemort, observant l'attaque, se dit que quelque chose ne va pas. Où sont donc les engins et l'attaque de confinement ?
Une voix l'extirpe de ses pensées.

Citation :
« Les engins sont arrivés avec Nuitcendrée, Centurion. Cendrépine et Lancefoudre arriveront sur place dans quelques minutes. »

Citation :
« Quoi ?! Les Brisegueule sont déjà partis à l'attaque ! Qu'est-ce que c'est que cette organisation ? »

Citation :
« Les... Brisegueule ont attaqué ? Mais comment ? Ils étaient censés attendre le signal ! »

Citation :
« Bordel ! Qu'on arrête l'opération ! Ramenez-moi tout ça à la Citadelle ! Brisegueule va entendre parler de moi ! »

Quelques minutes se passent et les soldats reviennent bredouilles. Nuitcendrée, l'air amoché, s'approche du Centurion, penaud.

Citation :
« Ils refusent d'abandonner la zone, Centurion... Je - »

Citation :
« Assez. Je vais m'occuper de ça moi-même. »

Il fronce les sourcils et attrape son épée et son bouclier. Descendant dans la zone de combat, il frappe les soldats un à un, pour se rapprocher de leur Légionnaire.
Lorsqu'il l'aperçoit, un détail attire son attention. Il est en train de rire. Il rit de se battre et de massacrer ces monstres. Il rit de continuer à combattre en évitant le cadavre de ses soldats déjà tombés au combat.

Citation :
« Légionnaire Brisegueule ! Annulez l'opération ! »

Citation :
« Laissez-moi donc faire mon boulot et continuez à vous limez les griffes en nous regardant faire ! »

Citation :
« J'ai dit annulez ! »

D'un geste précis et puissant, son épée s'abat sur le bras de Djarn qui a juste le temps de lever son imposant espadon pour esquiver le coup. Sa puissance était telle qu'il doit lâcher son arme, et le voilà à terre, son équilibre dérangé.
La lame du Centurion brille sous sa gorge, mais il ne quitte pas son sourire narquois.

Citation :
« Vous êtes dur de la feuille, Centurion... Je vous ai demandé de me laisser faire. »

Citation :
« Les pertes sont déjà trop importantes. Déjà 5 soldats sont morts sous vos ordres. Sonnez votre retraites et les autres troupes prendront le relais. »

Djarn se relève, toujours sous la menace de la lame, trop près de sa gorge.
D'un coup de pattes rapide et précis, il frappe la lame du Centurion, qui voit son arme projetée quelques mètres plus loin.

Citation :
« Me semble que vous avez pas compris. Les Brisegueule suffisent pour cette opération. »

Citation :
« Cette insubordination va vous coûter cher, Légionnaire. Sonnez la retraite, sinon... »

Le poing armuré de Djarn percute la mâchoire du Centurion qui est projeté en arrière, accompagné de quelques crocs qui tombent au sol.

Citation :
« Sinon quoi ? SINON QUOI ? »

Dans une rage infinie, le Légionnaire Djarn Brisegueule assène un violent coup de poing dans la gueule ensanglantée du Centurion. Celui essaie de se défendre, mais la bête qui demeure devant lui est bien trop incontrôlable.
Les Cendrépine et les Lancefoudre arrivent sur place, et les deux légionnaires respectifs courent au sauvetage. Cendrépine arrivant en premier, n'arrive pas à contenir le fauve et se fait mordre à la gorge, et arracher la carotide. Dans un souffle humide et chaud, celui-ci se vide de son sang aux pieds d'un Djarn plus féroce que jamais.
Pointant du doigt un soldat Cendrépine, Djarn le toise du regard.

Citation :
« Toi. Prends ton rôle de nouveau légionnaire et ramène tout ce beau monde à la Citadelle avec les Lancefoudre. Laissez-moi achever ce que j'ai commencé et vous verrez bien que je n'ai pas besoin de vous. »

Les soldats Brisegueule terminent de nettoyer la zone, et les cadavres fumants des stigmatisés sont ensuite entassés pour finir brûlés.
Ilss emboîtent ensuite le pas comme ils sont venus.
Tournant le regard vers le Centurion blessé, Djarn serre les crocs.

Citation :
« Quant à toi, Centurion au rabais... Il va être temps que tu retiennes mon nom. »

Il passera les quelques minutes suivantes à briser les os de sa victime, écrasant ses membres dans son armure qui aura ensuite pour fonction de maintenir son corps en un seul morceau.

Djarn rejoint sa troupe à la porte de la Citadelle et y entre, plus fier que jamais.
Le message avait déjà été porté comme quoi les Brisegueule avaient fait seuls ce que trois troupes n'auraient pu faire en aussi peu de temps.
Djarn venait de se faire un nom comme un nouveau Centurion sauvage et dangereux, contre lequel il ne fallait pas faire faux-bond. Ses exploits sont contés comme des actes barbares sans nom.
Mais il a réussi là où beaucoup ont échoué : vaincre un Centurion sans l'aide d'une arme quelconque, à la seule force de sa volonté.

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Djarn
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MessageSujet: Re: Djarn, le Brise-Gueule   Jeu 5 Nov - 10:52

Chapitre 6 : messes basses et suspicion



Citation :
«  Allez bande de larves ! On prépare ses affaires et plus vite que ça ! »

C'est en s'égosillant qu'il donne ses ordres. Le Centurion Brisegueule, le plus sauvage et le plus instable que la Sanglante ait connu.
Chacun de ses pas est surveillé, chacun de ses mouvement est observé, chacune de ses paroles est écoutée.
Cependant, personne ne se met en travers de son chemin, et personne n'ira contredire ses ordres. L'efficacité de ses troupe, son génie tactique inné, et tant d'autres éléments qui font qu'il garde sa place.

Il sort de ce que l'on pourrait nommer son « bureau ».

Citation :
« Centurion Brisegueule, avez-vous quelques instants à m'accorder ? »

Effectuant un salut effectué avec désinvolture, Djarn observe rapidement le Primus Centurion qui se tient devant lui.

Citation :
« Trekus. Le seul et l'unique. Celui qui passe son temps à venir me faire la morale. Quel est l'objectif aujourd'hui ? Me dire de calmer mes troupes ? Me demander d'être plus gentil avec nos ennemis ? »

Citation :
« Non Centurion. Je viens vous féliciter pour votre efficacité. Aucun de vos collaborateurs n'a pu repousser les stigmatisés avec autant d'efficacité que vous. J'en ai référé à notre Tribun mais celui-ci  n'a pas souhaité en entendre davantage. Votre... Agressivité semble gêner certains tatillons. »

Citation :
« Que des avortons et des couards. Je leur ferai bouffer mes états de service quand je deviendrai Tribun »

Citation :
« Je ne manquerais ça pour rien au monde. »

Djarn a déjà compris qu'il a le Primus Centurion sous son emprise et que son ascension est presque achevée.
Le regardant dans un sourire carnassier, il n'a pas besoin de lui dire un mot pour que son nouvel associé ne comprenne ce qu'il désire.

Citation :
« Je vous aiderai à devenir Tribun, Centurion. Vous pourrez prendre ça comme de la couardise de ma part, mais il s'agit plutôt de loyauté. J'ai appris très tôt qu'il faut toujours se mettre du côté des plus forts. Et il est évident que votre place n'est pas à mes ordres. »


Citation :
« Et vous avez vu juste. Je pensais justement profiter du prochain conseil de guerre pour leur prouver que je n'ai rien à faire en tant que Centurion. Et si la réponse est négative, j'irai m'entretenir directement avec le Tribun en toute discrétion. Et quand son sang coulera le long de la carcasse de ses bureaux, chacun saura que je suis le prochain Imperator de la Sanglante. Il n'est qu'une question de temps avant que l'on me nomme. Descendant d'un Kahn-Ur ou pas. »

Citation :
« Et je serai votre fidèle Tribun lorsque ce temps sera arrivé. »

Ils se séparent et chacun vaque à ses occupations.

La nuit tombe, et les soupirs se font entendre, chaque murmure prenant son ampleur dans la lueur de l'obscurité.
Djarn rejoint sa troupe favorite et le Légionnaire vient le saluer.

Citation :
« Légionnaire Brisegueule. Le temps du changement est venu. »

Le Légionnaire affiche un air étonné, mélangeant incompréhension et peur.

Citation :
« M-Mais je n'ai fait que vous servir comme il le fallait, Centurion, comment ai-je failli à ma tâche ? »


Dans un rire moqueur, Djarn s'approche de lui et pose sa patte griffue sur son épaulière.


Citation :
« Ne vous méprenez pas, Légionnaire. Vous allez devenir Centurion dans les jours qui viennent. Mais avant, j'ai besoin que vous me rendiez un service. Un service capital. »


Murmurant son plan à l'oreille attentive de son Légionnaire, Djarn commence à sceller son destin.

Il sera Tribun à l'aube, ou il sera mort.

_________________
- Parfois, un simple mot peut suffire pour signer son arrêt de mort. Alors fais bien attention à ce que tu dis.
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